Avant propos

 

 

 

Les Siméon de Buochberg[1] s’installent à Corte en 1788 en la personne de Jean François[2] Siméon (de Buochberg) ; ce dernier est né à Lenz en Suisse, en 1765.

Son père était originaire de Draguignan et c’est en qualité d’officier d’ordonnance du duc de Rohan  et à l’occasion de l’expédition de la Valteline qu’il s’établit en Suisse en épousant une Buochberg et devenant citoyen helvétique.

Engagé au Régiment Suisse de Salis-Grisons en 1782, il passa en 1778 comme officier en Corse pendant la Révolution et fut capitaine, commandant la Place de Corte.

Commandant du bataillon de Piombino, en garnison à Lucques, il rentra en Corse pour sa retraite. Nommé maire de Corte par ordonnance royale en 1820, il était Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis et Officier de la Légion d’Honneur.

Il épousa, quelques mois après son arrivée en Corse, Marie Thérèse ARRIGHI, fille d’une des meilleures familles de Corte. Elle était fille d’une Montera, petite fille d’une Gaffory, petite nièce du Général Jean-Pierre Gaffory.

Par ces familles Jean François Siméon se trouvait dans un vaste et notable réseau familial, peut être le plus important de la Corse à l’époque, car en faisaient partie les Boerio, les Casabianca, les Saliceti etc… Même le jeune Siméon se trouvait être un petit neveu de Biaggino Sauli, qui n’est autre que Saint Théophile de Corte.

 Il eut plusieurs enfants dont Raphaël, ancien élève de l’expagorie impériale, mort capitaine à 21 ans, Antoine mort sergent au 20 ème Léger, une fille devenue madame de Cilleus et Napoléon-François Siméon de Buochberg (20/2/1801-1876) qui fut comme son père Commandant de la Place de Corte et Maire de la ville ; c’est lui qui fut autorisé par jugement du Tribunal Civil de Corte en 1867, à joindre légalement à son patronyme, le nom de Buochberg. Il épousa Théodora GRIMALDI, fille de l’avocat GRIMALDI de Calacucci, membre du Conseil Général de Haute Corse. Trois enfants naquirent qui continuèrent la lignée : Henri, Louis et Thérèse.

 

Le Capitaine Jean François Siméon a vécu en Corse et en particulier à Corte des heures historiques, assistant personnellement à l’évolution de Pascal Paoli vers l’Angleterre ; il a connu personnellement tous les grands personnages de l’époque : Paoli, Gaffory, Pascal Paoli, Salicetti, Pozzo di Borgo etc…

Paoli l’aimait  beaucoup avant, avant d’essayer de s’en débarrasser, le voyant intraitable au point de vue national. Il aurait beaucoup fait pour se l’attacher exclusivement ; ne le pouvant il le faisait surveiller. Fut bien surpris Siméon, un jour que Paoli, non sans une affectueuse malice, lui raconta par le menu tout  ce que lui Siméon avait fait au cours d’un voyage sur le Continent, les personnes qu’il avait vues, les conversations qu’il avait eues avec elles. La Police de Pascal Paoli était très bien organisée.

 

Les Mémoires de Siméon de Buochberg qui suivent ont été transcrites à partir de la copie du manuscrit original, réalisée par Paul Fontana[3] dans les années 40 ; Comme le précise le journaliste historien du Petit Bastiais en 1936 ce manuscrit est inédit à l’exclusion des 12 extraits parus dans ce quotidien et qui couvrent environ un tiers de l’ouvrage. Les recherches effectuées n’ont pas permis de savoir ou se trouve le manuscrit original.

 

Ces mémoires, pigmentés d’anecdotes divers, sont l’imbrication de trois histoires parallèles :

Une première histoire servant de fil conducteur est l’histoire proprement dite de la Corse pendant la Révolution Française et la Terreur.

C’est aussi l’odyssée d’un groupe de soldats suisses conduits par Siméon, qui restés fidèles à la France, fuient Corte et Pascal Paoli rallié aux Anglais, cherchant à rejoindre Bastia tenue par le Parti Français.

C’est enfin l’histoire tragique d’une Vendetta entre les familles Agostini et Donati de la région de Corte.

 

 

 



[1] Notice biographique d’après le NOUVEL ARMORIAL CORSE de Jean-Christophe ORTICONI – Editons Jeanne Laffitte – novembre 1992 et les articles du Petit Bastiais d’Avril-Mai  1936 signés PB consacrés à la Chronique de la Veille Corse et qui outre une notice biographique, reprennent certains épisodes des Mémoires.

[2] Dans le Nouvel Armorial Corse il se prénomme Pierre, le prénom de Jean François étant celui figurant dans le Petit Bastiais

[3] Cette copie se trouve dans les Archives privées d’une famille vicolaise.